
Si on prononce stocofiche (maigre comme un…) à la marseillaise (stôquefiche), son étymologie apparait: le stockfish est le nom qu’on donne à la morue quand celle-ci a séché en plein air.
Après le Clou de la Joconde que les visiteurs se bousculaient pour admirer lors du vol de ladite en 1911 ; après la parabole spéculative inventée par John Baldessarri autour d'un tableau de Ingres qui circule de main en main jusqu'à ce qu'il n'en reste que le clou, mon Histoire du clou qui fixe l’œuvre au mur comme mesure et fondement de sa valeur prend ici un nouveau chemin. Il y est encore une fois question d’un clou qu’on évalue, mais cette fois pour lui-même et non plus en fonction de ses états de services. Dans le conte attribué par Genette à Andersen, le clou est le clou (du spectacle).

Depuis quelques temps, au fil de mes lectures de bandes dessinées, j’entreprends une collection de phylactères (speech bubbles) qui contiennent ces trois petits mots: Nous y voilà. Ce qui m’intéresse particulièrement dans cette exclamation c’est qu’elle articule l’intériorité des pensées du personnage avec l’extériorité du décor qui l’entoure. Elle conclut à la fois un cheminement mental et un cheminement dans l’espace.
La carte du Canada sur la couverture des cahiers n’est pas étrangère à ce qui motive ma proposition. Je ne suis pas allé à l’école au Canada. Le cahier Hilroy ne travaille pas chez moi sur le mode du souvenir. Au début de l’exposition, le cahier sera vierge, comme le sont les pages d’un passeport neuf. À la fin, il sera rempli de tampons « Nous y voilà », comme le motif obsessionnel d’un papier peint bavard.