Le maître du lieu

2 commentaires:

Tintin a dit…

« Cette fois, je ne vois vraiment pas comment je pourrais m'en tirer... »

(Hergé, L'oreille cassée, 1935.)

L'eau tiède a dit…

La recherche par le dessinateur du « cerne » idéal, de la ligne parfaite qui exprimera tout à la fois la position, l’attitude, l’éloignement, le mouvement, toutes les caractéristiques d’un objet ou d’un personnage. Ce trait singulier qu’on a appelé, notamment à propos d’Hergé, la Ligne claire ne semble pas sans rapport avec le « caractère essentiellement clos de l’être vivant » tel que l’exprime René Thom quand il écrit : « L’opérateur bord est détecteur d’ontologie ».
( Aristote Topologue, Revue Alliage, numéro 43 – http://www.tribunes.com/tribune/alliage/43/thom_43.htm)

Malgré la mise en garde de Wikipédia (« tenter de visualiser les concepts est une erreur fréquente chez les débutants » entrée Topologie ), je me suis inspiré d’un extrait du même article pour titrer le dessin de ce billet. René Thom y définit ainsi « le maître du lieu » :

« Si l'on examine les emplois actuels du mot lieu en français, on observera qu'un lieu demande toujours un habitant qui en fait sa résidence : il est pratiquement impossible, en français actuel, d'employer le mot lieu avec un génitif inanimé. Exemples : le lieu d'un rocher?, le lieu d'une tour? Dans ses emplois abstraits, philosophiques, le mot lieu, en français, a toujours une forte connotation existentielle : il y a "lieu de" pour agir, "il n'y a pas lieu de" négativement. De là, l'hypothèse que le mot topos implique virtuellement un être humain ou animal qui séjourne (normalement) en ce lieu; nous l'appellerons ici le Maître (ou le Chef) du lieu. »