
Dans Magical Maestro, un dessin animé réalisé par Tex Avery en 1952, le personnage du chanteur Poochini s’interrompt quelques instants pour arracher un poil coincé dans la fenêtre du projecteur. Ce poil fictif me fait penser au procédé des mouches que certains peintres de la renaissance ont utilisé pour marquer un point d’entrée du regard ou un un élément signifiant du tableau. Daniel Arrasse a montré comment ces mouches créaient une sorte d’espace transitionnel entre l’espace de la peinture et celui du spectateur. Le cheveu de Tex Avery, à l’instar des mouches de la renaissance est à la fois dans l’espace du film et dans celui du spectateur, il crée cette zone jubilatoire ou le contrat narratif passé entre le film et le spectateur change de niveau cognitif. Quand Poochini jette le poil en dehors du cadre, on renoue aussitôt avec l’illusion réaliste du film (si on peut parler de réalisme à propos de Tex Avery), mais comme on revient à l’horizontale après un looping, ébouriffé et content (enfin j’imagine).

Petrus Christus, Portrait de moine chartreux (détail), 1446, Metropolitan Museum of Art, New York.
6 commentaires:
ébouriffé et content
I love it
c'est bizarre le truc qu'il a le moine chartreux sur son plastron : on dirait comme un clou qui saille sous le tissu ?
Umberto dit
si je comprends bien le poil du moine chartreux se retrouve dans magical maestro... ?
hannn interessant tout ça *_* moi qui étudie les illustrations et les scénars c'est cool de suivre un blog comme ça :)
fascinant... ces zones virtuelles.
À+, éric l.c.
Quelle lettre dessine ce poil ? Anne, c'est un pli, esprit mal tourné ! Au cinéma on dit "faire le poil" c'est à dire ouvrir la caméra pour nettoyer son intérieur avec brosse et soufflette ce qui laisse inévitablement l'occasion à un de nouveaux poils de s'y glisser...
Fab
Enregistrer un commentaire